Suisse : 3ème correction du Rhône

Étude Territoriale
Espace publics
Plan guide
Étude de faisabilité
Fleuve
Acclimatation

Maître d’ouvrage :
État du Valais représenté par le Département de la mobilité, du territoire et de l’environnement (DMTE), le Canton de Vaud et l’Office cantonal de la construction du Rhône (OCCR3)

BASE mandataire
+ ACTÉON + CERA + RRA
+ Emmanuel Reynard + PRONA
+ Sara de Gouy + TOPOS Urbanisme

Canton du Valais et de Vaud / Suisse
Surface / 160 km _ 31 554 ha (périmètre de réflexion) et 2 533 ha (périmètre d’intervention)
AMO en cours

Chablais, la nouvelle plage de l’île des Clous

Ce projet est l’avenir de nos rapports à un milieu où les forces de la nature s’expriment. En les amplifiant, le projet leur permet de produire un paysage en mouvement.

Le changement de paradigme pour le ménagement du Rhône est notoire : les deux précédentes corrections portaient essentiellement sur des objectifs sécuritaires et économiques; Aujourd’hui, en plus de ces aspects, la prochaine correction devra être écologique, co-construite et surtout résiliente.

Nous avons pris le parti pour le projet RHONATUREPARC d’engager le récit pour accompagner la mise en mouvement de ce projet en se demandant de quelle manière connecter les bassins de vie des vallées transverses au fleuve ? Comment faire de nouveau rentrer naturellement le Rhône dans le récit quotidien des habitants et recréer un véritable milieu de vie ? De quelle manière le rendre plus poreux et résilient face aux caractéristiques globales des transitions qu’elles soient sociales, économiques et écologiques ? En somme, de quelle manière rendre le Rhône actif pour l’habitabilité de la plaine ? Aussi, il nous est très tôt apparu l’importance d’adopter une posture la plus humble possible. Le parti pris consiste à installer un rapport simple et intime entre nous, les hommes et le cortège du Rhône dont nous serions les hôtes dans un milieu vivant naturel, changeant et évolutif.

Le plan guide, comme son nom l’indique, est un pilote : il donne les orientations majeures du projet permettant de faire du sens et de la cohérence autour de quelques logiques et invariants dans le temps, à l’épreuve des contraintes et des découvertes. Nous le concevons comme le garant de la cohérence du projet. Par ailleurs, le plan guide incarne en lui la notion de processus de part sa constante remise à jour de manière itérative et systémique. Au regard de tous ces sujets, nous avons conçu un projet autour de la réflexion d’une part de l’habitabilité élargie du Rhône ; d’autre part, l’installation d’un processus pour un projet majeur face au changement climatique. Nous avons procédé à la mise en œuvre d’un récit par actes successifs. Ces actes sont constitutifs de la logique de remise en mouvement du territoire et créent des lieux attracteurs, des connectiques et des points d’intensité.

À nos yeux, l’Acte 1 consistait à observer, comprendre et apprendre de l’épaisseur du territoire afin d’installer les fondamentaux du récit rhodanien.
Nous nous donnons plusieurs logiques qui tiendront lieu de direction pour le projet :

  • Nature – Le parc doit l’être par essence en prenant en considération tous les éléments qui la compose. Elle doit être à la base de la réflexion de la remise en mouvement et intégrer les êtres vivants au sens large afin de produire un paysage d’hyper nature en partage ;
  • Reliance – Ce parc radicant aux multiples facettes et milieux permettra de mettre en réseau le Rhône, ses plaines, les lieux habités et les vallées et devra être protecteur pour les hommes qui s’y promèneront, pour les cyclistes qui le parcourront, pour les animaux et les plantes qui pourront y trouver un vrai habitat ;
  • Acclim’acteur – Il doit fédérer le territoire autour d’un projet commun essentiel de climatiseur territorial à long terme. Un parc d’acclimatation dont le processus constitutif sera indissociable du Rhônature et engagera par ce biais autour de cette thématique de riches dialogues avec les communes ;
  • Novateur – en installant une chaine globale de valeurs autour l’économie circulaire en vue de fabriquer le projet par les ressources du territoire
    et de le fertiliser ;
  • Enfin Rêveur – en préservant au sein de la démarche de projet global, une large place à l’imaginaire de la rivière, au mouvement des éléments, à son toucher, à l’insaisissable et au sublime.

L’acte 2 sera le temps de l’installation de l’armature du parc et du cortège paysager. Il se fera en installant progressivement la mémoire du futur sur les sites en travaux, donnant naissance à une culture commune Rhodanienne dès à présent par l’intermédiaire d’actions préfiguratrices. Ces actions pourront prendre naissance au cœur des villes et des villages jusqu’aux nouvelles berges programmées du Rhône. Parallèlement, le projet des berges se développera jusqu’en 2046. Il trouvera une structuration positive en bord de fleuve au moyen d’aménagements, supports d’usages et de figures de nature contrastées. Enfin, l’ensemble de ces actions installera durablement une structure résiliente pour anticiper les fortes modifications climatiques pour 2100. En somme, trois éléments déterminants forment l’armature du RHÔNATUREPARC : les rives, le cortège et les allées. Parallèlement à ce travail, nous proposons de mettre en place un regard supplémentaire sur le Rhône en programmant la route paysage du Rhône. Cette voie permet une révélation à une deuxième échelle du RHÔNATUREPARC tout en installant une connexion aux espaces naturels de montagne.

L’acte 3 viendra programmer l’ensemble des milieux du RHÔNATUREPARC. Les allées du Rhône, largement préfigurées au préalable, seront dans chaque commune le dispositif le plus court pour rejoindre les berges du Rhône depuis le cœur des villes et des villages. Ces allées se raccrochent aux pôles multimodaux ainsi qu’aux pôles de loisirs. Celles-ci se connectent sur les berges en formant un espace programmatique intense : on y retrouve un hameau issu de cette co-construction collaborative. L’aire du hameau proposera pour tout utilisateur, un ensemble de programmations portant des informations de signalétique, d’évènements mais aussi de jeux, de mobiliers et tous les équipements nécessaires à un bivouac abrité dominicale en famille. Chaque hameau se distinguera par son architecture particulière adaptée aux conditions spatiales et météorologiques du lieu. Le hameau jouera le rôle d’ambassade des valeurs endémiques communales dans le RHÔNATUREPARC. De part et d’autre de l’allée, des chemins secondaires appelés des échappées du Rhône emprunteront des voies existantes à faible circulation. Liées aux parcours de randonnées existants mais aussi et systématiquement aux rivières adjacentes du Rhône, ces échappées seront apaisées pour accueillir des modes doux. Elles mettront également en réseau de nombreuses pépites programmatiques locales (agriculture, patrimoine, etc.).

Tout au long des parcours préférentiels et secondaires, une multitude de dispositifs permettront une accessibilité retrouvée au Rhône. Dans les secteurs d’écologie plus intense, nous proposons d’installer une collection de belvédères, de parcours immersifs et d’interprétation des différentes strates de ces milieux. Toutes ces logiques se retranscrivent de manière singulière dans chacune des séquences du site.

Ponton
Affut tour
Digue préférentielle de Visp, intégration artistique du patrimoine industriel
Le parc inondable de Viège
La guinguette et le skatepark de la confluence

Fleuves & littoraux – autres projets :