Lorient : Boulevard du Scorff

Maître d’ouvrage : Ville de Lorient


BASE paysagistes mandataire + Infraconcept + Transitec
Entreprises : SDEL, Atlantic Paysages, Eurovia

 

Lorient / Morbihan
budget / 3 M€
surface / 2 km
livré / 2013

 

STRATEGIE PAYSAGERE
Le boulevard est conçu comme un parc linéaire : entités végétales sauvages se mêlent à des parcours ergonomiques et ludiques. Les voies sont autant de possibilités d’explorations du littoral. Chaque piste est enveloppée d’une épaisseur végétale. Le boulevard se dote d’une ambiance plus naturelle qu’urbaine. Plane un air de vacances.

1. Une façade fluviale qui se connecte au grand système végétal territorial Les pinèdes existantes jalonnent le Scorff dans les plis côtiers : formation de demi-lune qui apportent du contraste aux berges (les pins projettent une ombre sombre) - notamment lorsqu’on est sur la rive en face. Notre proposition vise à continuer ce système vers le nord (au niveau du carrefour avec l’avenue Lénine).
Principale armature paysagère, ce système sera complété de façon intermittente par un dévalement végétal des plantations côté ville vers les berges. Les voies traversent ces poches vertes bilatérales. Les berges seront plantées avec des espèces au feuillage moins dense (plus de perméabilité visuelle vers l’eau) et avec une diversification de la flore (au moins 5 espèces et des plantations multi- stratifiées).
La multiplication de ces différents plans frontaux permet de donner une profondeur et une épaisseur au profil côtier le faisant apparaître plus large qu’aujourd’hui. Cette profondeur est obtenue par la mise en place de lignes de plantations qui forment des filtres végétaux plus ou moins opaques : plantations de berges / plantations de quai ou ensembles boisés / bandes arbustives / bande végétale de graminées / terre plein arboré ou arbustif / végétation existante côté ville.
2. Des aménagements qui (re)tracent des profils côtiers Les nouveaux cheminements créés sont des lignes brisées qui s’adaptent à la côte
Ils « collent » tantôt aux contours de la berge, très près de l’eau ou au contraire s’éloignent pour laisser place à une épaisseur végétale plus importante ou se divisent pour que des lignes de plantations s’infiltrent entre deux circuits. Ils peuvent également s’élargir pour générer des espaces de pauses, ou allongent la promenade par bifurcations. Ces micro-stations se placent à intervalles réguliers, générant un rythme dans le parcours : situations de belvédères, quai près de l’eau, espaces ludiques et habités. Ces chemins s’effleurent à plusieurs points de friction pour
permettre le passage de la ville au Scorff et vice- versa. Ces points de friction sont les carrefours existants ré agencés pour en faire de vraies places publiques.
Nous proposons une organisation des voies par hiérarchie de vitesses et de hauteurs de vision que l’on peut avoir depuis les différents moyens de mobilités : le bus est placé côté ville pour que les usagers des voitures aient une vue sur le Scorff également, puis viennent les vélos puis les piétons (dégradation progressive des modes de déplacements plus sécuritaire).
3. Une variété de perméabilités transversales
Le rapport à la ville est traité par tous les aménagements transversaux du projet. Dans l’axe des rues existantes ils prolongent des percées visuelles ou des traversées physiques, donnant ainsi un réel aspect piétonnier au boulevard.
Ces connexions urbaines sont hiérarchisées par typologies selon la nature du quartier à connecter, (variation du traitement et du dimensionnement) - plateaux
- traversées - percées visuelles Des placettes publiques sur la berge continuent ces transversales : - ouvrage en bois, ponton belvédère ou quai (plateaux) - placettes en stabilisé (traversée) Ces perspectives dans les axes des rues sont mises en valeur par des plantations sur le bord et le dégagement de percées.
Notre stratégie de projet concernant la transformation des voiries est une stratégie de recyclage et de conservation au maximum de ce qui peut l’être : tous les fils d’eau sont conservés et les voiries sont simplement reprises (nouvelle couche d’enrobé qui ne nécessite pas de structure lourde). Cet impératif économique et environnemental a été notre fil conducteur dans le choix des aménagements.