Sophia Antipolis : Aménagement et développement

Maître d’ouvrage : SYMISA
BASE + TVK architectes-urbanistes + ACADIE + Blue Holding + INGETEC + SEGAT

 

Sophia Antipolis / Alpes Maritimes

surface / 2360 ha

date / 2012
Étude de prospective paysagère

 

Avec ses 2400 hectares, Sophia Antipolis présente une échelle de projet de territoire peu commune et en décalage par rapport à son image (manque de visibilité métropolitaine). Il est difficile d’en avoir une lecture globale, à la fois spatiale et programmatique. 

Dès lors, la question principale à laquelle nous devons répondre est : quelle échelle pour quels usages ?  Quelle est l’échelle pertinente pour le piéton, pour l’entreprise, pour l’étudiant, pour le visiteur,... ?

À partir de cette interrogation, il ne peut y avoir un seul système, la combinaison d’usages différents demandant de développer un projet multiple. Or, Sophia Antipolis est insulaire par rapport à son territoire alentour et s’est développée autour d’un concept global, qui ne correspond aujourd’hui plus à la vie contemporaine (usages multiples, mutations rapides, instantanéité). 

D’un point de vue géographique, il existe cependant un réseau de vallées traversant le campus jusqu’aux pôles urbains alentour. Cette géographie commune, que nous avons identifié à travers la reconnaissance des vallées, micro vallons, talwegs, sont des structures paysagères qui mettent fortement en lien ce qu’elles traversent. De la couronne boisée indifférenciée qui mettait à distance l’urbanisation alentour, nous avons fait émerger un réseau fibreux permettant de relier les villages d’est en ouest et du nord au sud en traversant la technopôle.  

 

Nous avons ainsi identifié 3 arcs de redéploiement du campus, qui sont des axes de développement territorial pour orienter les nouveaux aménagements.  

 

1_arcs et corridors

L’intégration de cette nature sauvage est primordiale et est un enjeu de biodiversité. La première intervention est de ne pas obstruer, voire de favoriser les corridors écologiques existants (passage de la faune et continuité de la flore), tout en continuant la règle de non constructibilité des sommets. Les arcs sont des moyens de raccordement, de continuité, comme on le voit ici entre les zones naturelles (corridors), mais également, comme on le verra par la suite, entre les espaces naturels et les espaces urbanisables que sont les archipels. Ces deuxièmes éléments de raccordement nous les avons nommés les agrafes.

 

2_agrafes îles-arcs 

Les agrafes sont des espaces publics topographiques, perçant les grands espaces naturels et réorientant le développement de l’intensité urbaine autour des arcs de loisirs intensifs

Ils font le lien entre le haut et le bas (la ville et la nature, si on veut simplifier), gérant la pente (par des dispositifs d’escaliers, de paliers, de quais, d’esplanades, de plateaux, terrasses, parvis, amphithéâtres extérieurs, pelouses solarium,…), Ces places entre paysage et intensité urbaine se raccrochent aux pôles d’activités existants et s’étirent pour raccorder les équipements existants et ceux à venir. Elles font presque également offices de «  parvis » pour le parc forestier dans lequel elles invitent à entrer.

 

3_pôles d’intensité et flux 

L’étude des flux et des intensités permet d’appréhender les cheminements à constituer ou à rendre plus clairs, notamment les liaisons St Philipe/les Trois Moulins, ou les 3 centres de SA. Ils’agit de diversifier et de densifier l’arc paysager afin de le rendre attractif et fonctionnel, facilement traversable pour rejoindre tel ou tel endroit de façon rapide et en minimisant les efforts (travail sur les dénivelés)

 

4_glisser des programmes évènementiels en ouvrant des espaces boisés 

Afin de dynamiser les activités dans l’arc, des surfaces boisées devront être gérées différemment (éclaircissement de la forêt, diversification de la structure végétale). Ceci afin de venir glisser des zones de parc plus habitées, des aires de sport, d’exposition,  de festivités,..

Nous proposons des bandes thématisées, qui suivent les courbes de niveaux, (plutôt que des clairières), toujours dans l’idée d’étendre chaque espace aménagé, de l’étirer et le connecter.