EN COURS / Bordeaux : Euratalantique

Maître d'ouvrage / Euratlantique - Opération d'Intérêt National

BASE + Reichen & Robert + SETEC + IDRATEC + Ad Valorem

 

Bordeaux / Gironde
surface / 60 ha
budget / 150 M€
concours / projet lauréat 2011


La ville AOC

 

Pour magnifier et entretenir le rapport privilégié d’une ville avec la nature renvoie aux logiques de formations des paysages et des cohérences écosystémiques, comme principes fondateurs primordiaux à la planification urbaine : forces naturelles, structures paysagères, adaptations topographiques, réseaux écologiques vivants, gestion intelligente de l’eau...
L’analyse géologique montre que le quartier Saint-Jean Belcier s’est développé au droit du plateau calcaire qui porte le centre de bordeaux, sur une formation d’argile de mattes, issue des formations marécageuse de l’Estey Majou alimenté par le ruisseau de l’Ars. Ce substrat de grave et argile tourbeuse a aussi donné les noms de «terres de borde» et de «terre de grave», comme celui du terroir viticole d’appellation contrôlé en amont de Bordeaux. C’est cette résonnance entre les conditions naturelles et l’adaptation de l’homme à son environnement qui doit continuer de guider le développement de la ville. Cette démarche pourrait s’intituler la ville AOC : Appellation d’Origine Climatique...
La réintégration des quartiers Saint-Jean et Belcier dans leur milieu naturel tient sans nul doute de la manière dont les quartiers vont pouvoir communier avec le fleuve. Cette recherche d’un nouveau dialogue pourrait se traduire par :

  • l’augmentation des contacts entre les espaces publics et les berges
  • l’élargissement de la rive pour créer un vaste espace de promenade qui raccorde les quais avec les berges de Bègles
  • l’exploitation des surlageurs prises sur la Garonne pour développer des banquettes végétales, supports d’une biodiversité fluviale spécifique.
  • la création d’un «bras de fleuve» en cœur de quartier, qui introduirait une dynamique fluviale et renforcerait les continuités écologiques originelles entre le bassin versant du ruisseau de l’Ars et le fleuve. Il pourrait prendre la forme d’un parc hydraulique dont la hauteur de l’eau varie aux rythmes de ses marées, comme un arc écologique irriguant la ville et réarticulant les quartiers autour d’un paysage partagé.
  • l’inscription de la mutation urbaine du triangle Armagnac dans la structure héritée du muscle ferré, en profitant de la dynamique des rails pour s’organiser en lanières nord-sud le long de noues écologiques, capables de temporiser les eaux pluviales et de rafraîchir les rues.