Dijon : Grand Sud

Maître d’ouvrage : Ville de Dijon + SPLAD
BASE + l’AUC 

Dijon / Côte d’Or

surface / 70 ha
étude de définition + accord cadre / 2009-2012

 

Ce projet est issu d’une étude de définition qui a donné lieu à un accord-cadre d’urbaniste conseil comprenant l’étude d’un vaste éco-quartier sur le territoire sud de Dijon.

DIJON GRAND SUD : LE PAYSAGE COMME MOTIF ET PRODUCTION DE VALEUR

La morphologie du territoire offre de nombreuses possibilités à la fois d’agglomération et de diffusion. Les flux du paysage doublent les circulations et peuvent s’y superposer plus qu’ailleurs.Sur les espaces extérieurs, la production végétale et la fertilité sont encouragées : parcelles de jardin, d’agriculture urbaine, toitures terrasses plantées…

Les pelouses présentent une biodiversité proche de zéro comparées aux massifs d’arbustes ou aux arbres, qui hébergent une faune et une flore associée beaucoup plus riche, pour un investissement en temps et en énergie bien moindre. En effet, les pelouses nécessitent des passages réguliers de tondeuses, qui génèrent des nuisances (pollution sonore et chimique).

A contrario, la propagation de milieux naturels (massifs d’arbustes, arbres en port libre, talus et prairies fauchées une fois l’an) est une alternative valorisante aux espaces de pure représentation (compositions de parterres fleuris, découpages de surfaces engazonnées, alignements monospécifiques taillés à la française).
Il faudra donc rechercher des ensembles, des groupes de végétaux, des effets de masse et de corridor biologique, offrant de nombreux refuges pour la faune et la flore urbaines, plutôt que d’envisager des sujets autonomes, distincts ou éparses.

L’idée de milieu naturel se substitue alors à la logique de zoning, et les frontières administratives ou parcellaires s’effacent au profit des mouvements géographiques ou vivants.
De plus, les surfaces plantées participent d’une part à la régulation des eaux pluviales et à la préservation des nappes alluviales (rétention et/ou infiltration). À ce titre, il faut privilégier de grandes surfaces mobilisables pour la rétention (espaces verts, piétons ou voiries) plutôt que des volumes compacts inutilisables (ouvrages enterrés, bassins de rétention étanches). Il faudra accepter de voir une portion de ses trottoirs recouvert d’un mince filet d’eau une fois par an, ou de faire baigner le base de ses pneus dans l’eau de pluie après les gros orages d’été.

D’autre part, une véritable production végétale peut être envisagée sur le territoire de Grand Sud : Une agriculture urbaine contemporaine (ou futuriste) d’échelle domestique, mais également des surfaces mutualisées (serres collectives, jardins familiaux, jardins participatifs, associatifs, scolaires ou pédagogiques) ou pour des besoins de pure production ou transformation de biomasse.

Grand Sud, du fait de la disparité des ses densités construites, peut être le théâtre de nouvelles associations avec le vivant, et l’expérimentation peut y jouer un rôle important.
Les propositions sur l’espace public visent à identifier des passages entre différents quartiers, des transitions, des traversées. Certains de ces quartiers sont déjà qualifiés, la zone de plaisance au bord du canal par exemple, ou encore l’hôpital, d’autres doivent être fortement retravaillés. C’est le cas notamment du kilomètre zéro, du site ETAMAT.
L’analyse du quartier Grand Sud nous a fait découvrir un territoire souvent caché, en travers des grands axes routiers, plus géographique et aquatique que fonctionnel et explicite.
Ce territoire, dont la coulée verte est la préfiguration, vient longer les corridors biologiques et vitaux du site : l’Ouche en premier lieu, mais également le canal, et dans une moindre mesure la voie ferrée. En effet, ces trois flux permettent une circulation de la faune et de la flore. Sur ces lignes viennent se brancher la plupart des espaces végétaux de respiration et de nature du grand sud.

A Dijon Grand sud, les espaces verts sont loin des routes. Il faut les connaître. Ce caractère caché est à la fois un atout, car garant d’une certaine tranquillité et préservation, et en même temps une contrainte, car la ville n’offre pas ces espaces au regard et n’invite pas le promeneur à venir les apprivoiser.
Les traversées que nous proposons permettent des passages entre la ville des circulations (véhicules, TCSP, pistes cyclables) et son territoire naturel (l’Ouche, le canal, les tanneries, etc.).

Les propositions sur l'espace public visent à identifier des passages entre différents quartiers, des transitions, des traversées. Certains de ces quartiers sont déjà qualifiés, la zone de plaisance au bord du canal par exemple, ou encore l'hôpital, d'autres doivent être fortement retravaillés. C'est le cas notamment du kilomètre zéro, du site ETAMAT.

1 Transitions, traversées et passages.
L'analyse du quartier Grand Sud nous a fait découvrir un territoire souvent caché, en travers des grands routiers, plus géographique et aquatique que fonctionnel et explicite. Ce territoire, dont la coulée verte est la préfiguration, vient longer les corridor biologiques et vitaux du site : l'Ouche en premier lieu, mais également le canal, et dans une moindre mesure la voie ferrée. En effet, ces trois flux permettent une circulation de la faune et de la flore. Sur ces lignes viennent se brancher la plupart des espaces de respiration et de nature du grand sud.
A Dijon Grand sud, les espaces verts sont loin des routes. Il faut les connaître. ce caractère caché est à la fois un atout, car garant d'une certaine tranquillité, et en même temps une contrainte, car la ville n'offre pas ces espaces au regard.
Les traversées que nous proposons permettent des passages entre la ville des circulations (véhicules, TCSP, pistes cyclables) et son territoire naturel (l'Ouche, le canal, les tanneries, etc.).

= Ainsi les traversées pourraient conserver un caractère confidentiel et singulier, tout en venant créer des accroches visibles sur les artères principales : passerelles bois, escaliers, rampes dérobées, changements de matériaux de sol, etc. Les motifs géométriques du plan masse figurent ces passages.


2 Adéquations : une ville, un territoire
De la même manière que la ville donne des accès singuliers à son territoire, ses quartiers s'adaptent à celui-ci.
Ici, les voies, l'espace public, le territoire, l'architecture et le patrimoine s'échangent volontiers des politesses :

  • Les espaces publics remarquables épousent les contours des îlots,
  • Les voies ne cherchent pas à redresser la composition urbaine, mais contournent les constructions,
  • Les démolitions sont par principe évitées, et les nouveaux logements composent avec l'existant, tirent profit de son histoire, de son caractère,
  • Les traversées respectent la topographie, les ouvrages existants, les décalages,

= Ce sont des situations singulières qui sont recherchées, plus qu'un programme systématique.


3 Espace public : des variations

Dans le même esprit, l'espace public n'a ici à répondre à aucun systématisme,, car la ville ne fonctionne pas comme ça.
Un exemple : le TCSP.
Le TCSP va induire de nombreux changements dans la manière de circuler, de traverser, de vivre ce territoire. Nous ne proposons pas une ligne aveugle à ses quartiers, mais des profils qui évoluent en fonction de l'identité des quartiers traversés, par séquences. Séquences d'espace public urbain et minéral alternent avec des séquences plantées d'alignements, agrémentés de haies. Les sols permettent également des variations : dallages de pierre calcaire, voiries bétons, enrobés ou séquences ponctuelles de platelages bois se mélangent à l'occasion de carrefours, de transitions entre les différents quartiers.
De même, un travail sur la lumière devra suivre le même esprit, en venant renforcer le caractère singulier de chaque portion de voie. Les portions commerciales seront volontier colorées, les portions touristiques feront l'objet de soins particuliers (scénographie lumineuse au kilomètre zéro)

=l'espace public vient créer des événements en dialogue avec l'identité des quartiers.


4 Plantations : des contrastes

Le végétal a également son rôle à jouer, et se rôle doit prendre une nouvelle mesure. Nous portons en effet un regard assez critique sur le traitement des espaces verts à l'échelle du quartier grand sud. En contraste avec la diversité et la richesse de son territoire, la ville offre des ambiances végétales assez linéaires et répétitives : haies persistantes qui viennent couper les vues, timides alignements, le tout traité dans un style "parc paysager 19ième siècle" assez systématique. Il nous semble que des ambiances plus caractérisées pourraient être proposées :

  • Un jardin thématisé au kilomètre zéro (vignes urbaines),
  • Des plantations aquatiques aux abords du canal (saules, osier),
  • Cultures expérimentales et écologiques sur le site ETAMAT (plantations sans arrosage, sans bêchage, annuelles),
  • Alignements dépareillés,
  • Arbres laissés en port libre aux abords de certaines zones,
  • Surfaces résiduelles traitées en couvre-sol plutôt qu'en engazonnement (diversité biologique nulle, entretien coûteux et ingrat),
  • etc.

= Des ambiances végétales plus diversifiées dans la ville, qui contrastent avec les espaces verts spontanés liés à l'eau.