Menucourt : ZAC de la pièce d'Alçon

Maître d’ouvrage : Cergy-Pontoise Aménagement

BASE mandataire + MGAU architecte + CSD + OGI

 

Menucourt / Val d’Oise
budget / 4 M€
surface / 15 ha
livraison / 2014


LE PARTI-PRIS PAYSAGER

La localisation du site de projet, en limite d’urbanisation communale, à la lisière entre espaces bâtis et espaces naturels, a nécessité un travail qualitatif en faveur d’une nouvelle frange urbaine et paysagère. L’interface paysagère du projet et les formes urbaines retenues posent ainsi le support d’une bonne intégration urbaine et paysagère du projet au sein de son environnement.
A cela c’est ajouté la volonté, portée par Cergy Pontoise Aménagement et la ville de Menucourt, de développer un projet limitant son impact sur l’environnement, un projet urbain durable.
Pour compenser l’avancée de l’urbanisation au sein des espaces agricoles, entre le Bois de l’Hautil et la forêt de
l’Orient, le plan masse proposé tient compte des sensibilités environnementales spécifiques au contexte local, et des enjeux globaux actuels en matière de mobilités durables, d’économies d’énergie, de préservation de la biodiversité…

Afin de renforcer la situation d’interface entre milieu urbain et milieu agricole de la ZAC d’Alçon, une attention particulière portée sur le traitement des franges urbaines et agricoles et la mise en place de continuités visuelles et praticables transversales.
Le projet de la ZAC d’Alçon préserve plusieurs couloirs écologiques au sein de son plan paysager :

  • le parc du talweg contribue tout d’abord à maintenir une coulée verte favorable aux déplacements des espèces entre le Bois de l’Hautil et la forêt de l’Orient, et accueille un fil d’eau au tracé sinueux, dont les choix d’aménagement retenus sont favorables au maintien et au développement de la biodiversité.
  • L’interface paysagère créée en lisière ouest et sud du site contribue quant à elle à créer un espace tampon entre espaces bâtis et espaces agricoles.
  • Enfin, le prolongement de la haie bocagère de l’espace agricole ouest au sein du projet, apparait comme un « espace relais » favorable aux nicheurs et à une forme de biodiversité.

La pénétration du végétal au sein du quartier est également assurée par une deuxième trame paysagère plus intrusive qui se diffuse jusqu’au pied des constructions. Ce second maillage est tenu par un réseau de haies (déclinaison de la haie bocagère) qui délimitent le parcellaire, par un système de noue qui font office d’écran végétal et par des plantations en pieds d’immeuble.

La trame paysagère principale, relayée par la trame paysagère secondaire, constitue alors le support de la gestion des eaux pluviales du projet, en aérien. La diversité des milieux créés (humides à secs, boisements plus ou moins denses…), illustre la diversité biologique et écologique recherchée sein du projet.
La volonté de valorisation de la topographie

La topographie naturelle du site a permis d’envisager une récupération des eaux de pluie du site par fonctionnement gravitaire. Le parc du talweg a été désigné comme lieux de rétention de ces eaux et zone non-constructible.

 

LE PARC DU TALWEG
Situé dans la dépression du talweg, le parc du talweg, orienté Nord/Sud est bordé à l’Est par le coteau paysager du bourg existant et à l’Ouest par les futures logements.
Le parc du talweg représente un des maillons qui relient le Bois de l’Hautil et la forêt de l’Orient et est ponctué de deux massifs boisés répartis à ces deux extrémités.
Outre son rôle de couloir écologique, le parc du talweg récolte, stocke, traite et redistribue les eaux pluviales de la ZAC vers le milieu naturel. Une noue parcourant tout le parc dont la forme s’élargissant en fonction des courbes de niveaux assure et valorise la gestion des eaux de pluie de la ZAC. A ce réseau s’ajoute celui des eaux de pluie provenant du versant amont qui est associé à un cheminement piéton partiellement inondable lors des pluies exceptionnelles. Ce chemin constitué de deux dalles bétons et d’une canalisation en son milieu matérialise le parcours de l’eau. Cette organisation contribue à créer un parcours séquencé d’espaces boisés (lieu de nidification), ouverts (lieu de reproduction) et humide disposés afin de révéler les points de vues remarquables notamment vers le Sud et le Nord.

 

LA LISIERE
La frange Ouest du projet est la ligne de contact avec la plaine agricole. Cette lisière demande une attention particulière afin d’intégrer les nouvelles constructions dans le grand paysage, d’assurer les échanges entre le milieu rural et urbain et de garantir le maintien de la biodiversité. Elle est considérée comme un espace public pouvant accueillir des espaces de jeux informelles, des lieux de détente. Son traitement est de type pairie fleurie nécessitant peu d’entretien. Le chemin la bordant assure la continuité du réseau de chemins de grandes randonnées et rend visible et accessible l’espace rural. La limite n’est plus brutale mais progressive.

 

LA FRANGE NORD
La frange Nord du quartier assure la liaison entre le bourg et l’espace naturel. Du côté Est ce front possède un caractère plus urbain tandis que dans sa partie Ouest il est d’attribut plus rural. La voie principale traitée en béton blanc donnant directement sur les logements intermédiaires laisse place à un cheminement piéton en stabilisé qui longe les jardins des particuliers et mène à l’espace agricole. Une noue positionnée en extrémité rassemble les eaux pluviales amont et celles de la partie Ouest de la ZAC pour les déverser ensuite dans le milieu naturel au niveau du talweg.
Une rangée d’arbres de tailles et de formes différentes à l’instar des haies bocagères de la région poursuit le maillage bocager et assure l’intégration du front urbain dans le grand paysage.

 

ESPACES PUBLICS
Le projet de la ZAC d’Alçon est structuré par 3 espaces publics forts et singuliers orientés Nord-Sud qui sont la base d’un système graduel constitutif de l’interface entre la ville et les champs.
Ils sont chacun une zone de lien et d’échange entre deux milieux différents:

  • Le parc du Talweg, lieu de transition entre les pavillons existant et les nouveaux logements, représente un nouvel endroit de loisir, de détente et de rencontre destinés aussi bien aux nouveaux résidents qu’aux habitants de longue.
  • La lisière, ligne de contact direct avec les champs, aménage le front urbain Ouest. Limite écologique entre deux écosystèmes, la lisière présente, de par sa situation des conditions climatiques et écologiques particulières. Elle est pour cette raison soumise à une dynamique écopaysagère propre et demande une attention particulière propre.
  • Le tapis de coeur de quartier, voie principale est conçue comme un espace à partager, mêlant usage de la voiture, chemins piétons et cyclistes, gestion des eaux pluviales. Il relie physiquement le nouveau quartier et la ville existante. C’est le lieu de la collecte des déchets et des accès principaux aux stationnements privés.

Des venelles viennent ensuite reliées ces trois espaces publics entre eux, et porte la porosité Est-Ouest. Une des venelles appelée « venelle bocagère » est le support du prolongement de la haie bocagère. Leur orientation permet de lire l’environnement, et notamment les champs et, plus loin, les forêts alentour depuis l’intérieur du nouveau quartier.
Les venelles sont soutiennent le réseau de récupération des eaux de pluie et participent ainsi à établir des continuités écologiques jusqu'à l'intérieur des ilots. Elles seront traitées en béton clair désactivé.