Hénin : Orée du parc

Maître d'ouvrage : Communauté d'agglomération Hénin-Carvin


BASE  + Remingtonstyle architectes

Hénin-Carvin / Nord
budget / 5 M€
surface / 23 ha
concours / 2010

 

Un système de 5 parcs articulés sur le territoire de la communauté d'agglomération d'Hénin-carvin

Le projet articule 5 parcs complémentaires, qui correspondent à différentes pratiques, différents utilisateurs, différentes saisons.
1 / Esplanade-jardin
Un espace pour se repérer, pour jouer, un jardin qui se traverse et donne accès aux autres parcs.
2 / Maison du parc
Un jardin et un bâtiment qui se visitent, des expositions à découvrir, des lieux pour apprendre.
3 / Parc des îles
Un vaste parc urbain, très ouvert et composé, offrant de grandes perspectives, des lieux de calme et de détente.
4 / Boisement naturaliste
Une nouvelle forêt en devenir, avec les techniques de la sylviculture au service de l’art des jardins, un espace à explorer et à découvrir.
5 / Les terrils
De futurs espaces de renaturation, des lieux à explorer, des points de vue à atteindre des parcours à imaginer et des pentes à éprouver.

Compétition et développement

Sur un milieu pauvre (par exemple, un désert), les plantes doivent lutter contre leur environnement pour résister à des conditions extrêmes (températures, substrat, sécheresse). Sur un milieu riche, la compétition sévit entre les espèces pour la conquête du territoire et de la lumière.
Cette compétition évolue par phases successives (conquête, domination, déclin). Chaque espèce en présence ajoute sa part de complexité aux rapports de forces, d’équilibre, d’associations et de parasites qui régissent un ensemble en permanente évolution.

Le milieu naturel est marqué par cette compétition des espèces entre elles, mais également entre individus d’une même espèce, à travers le jeu des générations.
À la différence de la sylviculture intensive, des alignements des rues et des parcs, le milieu naturel accueille un étalement de plusieurs générations.
Les essences pionnière (le bouleau, l’acacia) ont développé une aisance à conquérir des territoires vides, du fait de leur pollen volatile. Les essences nobles, qui se développent plus lentement dans l’espace, ont développé une forte résistance à la compétition, et tirent leur force de leur capacité à coexister, à végéter de nombreuses années sous la domination d’autres individus en fin de vie, à bénéficier de leur protection. Le chêne pousse longtemps à l’abri des ronces, avant de finir par écraser toute concurrence au stade final de son développement.

Nous proposons de s’inspirer de ces comportements pour donner lieu à un milieu dynamique, en prenant soin de mettre en place plusieurs générations de végétaux.
En milieu forestier, la compétition se joue sur deux terrains : celui de l’espace et celui de la lumière. Les essences pionnière parviennent à coloniser des terrains vierges, friches ou terrains vagues, gravats ou incendies. Dès que ces dernières ont installé leur substrat, par la décomposition de leurs déchets (feuilles et bois mort), les conditions changent, et d’autres végétaux, moins mobiles mais plus aguerris au corps à corps, parviennent à supplanter les premiers arrivants.

Par exemple, le chêne a besoin des ronces pour s’implanter sur un terrain. Il finit par recouvrir ses hôtes, année après année, jusqu’à faire disparaître toute trace de concurrence en s’accaparant la lumière à la force de ses branches. Mais la bataille pour la lumière n’est pas pour autant terminée, car les jeunes sujets, eux aussi aptes à la compétition, guettent la chute des plus vieux, et peuvent attendre leur tour de longues années, à végéter à l’ombre de leurs parents.
Le jardin naturaliste est un lieu de détente et de repos. Il est également le théâtre de cette réalité, et utilise la compétition entre les espèces comme dynamique de projet.