Draveil : Fosse aux Carpes

Maître d'ouvrage : Région Île de France


BASE paysagiste mandataire + DVVD architectes

 

Draveil / Essonne
Surface / 8 ha
Budget / 1 M€
Concours / 2010

 


Notre proposition consiste avant tout à rendre praticable une partie du site de la Fosse aux Carpes. Il s’agit de ménager des accès à l’eau, des traversées, des entrées, conduire des cheminements, diriger les circulations principales, de manière à offrir aux visiteurs une découverte hautement représentative du site, sans remettre en cause ses qualités liées à la faune et à la flore spontanées qui s’y développent, dans le respect absolu de leurs logiques de vie.
Nous avons interrogé et étudié finement les différents milieux naturels qui constituent la Fosse aux Carpes.

Nous en avons établi une cartographie, et nous proposons de mettre en valeur et de faire découvrir certaines de ses entités, assez contrastées quand on prend la peine d’y porter l’attention qu’elles méritent.
Il n’y a entre la friche et la réserve naturelle à peine plus que des variations de regards, et notre intervention porte également sur ce regard, à travers une démarche purement paysagiste. Nous proposons de fixer cette perception en certains points, en proposant aux visiteurs une série de postures ou de stations d’observation, qui l’invitent à prendre place et regarder, à écouter, à sentir ce territoire qui tient désormais autant du sauvage que du paysage.
Notre soucis, l’écueil que nous cherchons à éviter, consisterait à complètement travestir le milieu en spectaculaire ou en didactique, en lui retirant son caractère spontané, mystérieux, muet.

Aussi, nous sommes restés le plus loin possible des codes du jardin et de l’embellissement, et nos propositions opèrent une distance volontaire et assumée avec les figures de «l’art des jardins» :

  • le dessin des circulations renvoie plus à la réserve de chasse (avec des chemins rectilignes décuplant l’éventualité d’y croiser un animal) qu’au parc paysager (et ses courbures d’une nature stylisée) ;
  • le mobilier relève du «no-design», (en associant une menuiserie paysanne et ancestrale à des logiques de mutualisation ou de sécurité propre aux transports en commun) ;
  • la passerelle, pure et brutale, en totale cohérence avec la nature fondamentalement industrielle du site, se profile d’après des considérations plus structurelles que naturalistes ;
  • les pontons, par leur morphologie stellaire, se démarquent du trop attendu ponton de pêche et proposent des parcours de rencontres et de croisements ;
  • enfin les entrées sur le site marquent déjà la fin des logiques de l’aménagement urbain.