"Dans la même figure 84, toute la portion nord-ouest du parc, enserrée dans la ligne sinueuse SS, était une forêt composée d'ormes, de chênes, de charmes, de hêtres de bouleaux d'alisiers et de trembles. Le sous-bois était formé d'un taillis de noisetiers, houx, buis, troënes, viornes mansiennes, viorne-obier et cornouillers sanguins. Ces essences suffirent à constituer un paysage sans l'ajonction d'aucune espèce exotique, seulement en variant les formes et les positions des sujets. Les deux pointes nord des groupes NN' naturellement plantés de houx et de buis en bordure formèrent un premier plan excellent; en arrière, le taillis fut conservé dans sa diversité première, et les têtes des grands arbres s'arrondirent au-dessus en dômes majestueux. Le sous bois fut enlevé sous les hêtres séculaires des groupes PP', le massif de chênes P'' resta isolé dans des conditions identiques. La vue passa librement entre les troncs de cette futaie improvisée, et les ombres donnèrent les aspectes les plus variés aux pelouses qu'elles parcoururent à diverses heures du jour. Autour de l'allée d'arrivée U un groupe de bouleaux, de charmes et de trembles produisit un agréable contraste. En T, de grosses cépées de noisetiers furent netoyées et se couvrirent de leur feuillage clair et de leurs rameaux dressés et réguliers. La hache seule, en quelques jours créa ce coin de tableau, sous ma direction, dans un parc de l'Orne ; il n'a fait que s'embellir depuis."

Édouard André